Engager une démarche éthique dans le digital

La transformation digitale implique des changements profonds dans la façon de travailler, de gérer et d’optimiser nos entreprises. Il nous faut désormais construire des systèmes d’information à la fois performants et éthiques, c’est-à-dire conçus et pilotés de telle manière que leurs effets et leur emploi ne portent atteinte ni à la dignité, ni à l’intégrité de l’être humain.

Ethique ? Ce terme vous a déjà certainement sifflé dans les oreilles. Il reflète aujourd’hui un courant de pensée, une prise de conscience générale de notre société que nul ne peut ignorer.

D’ores et déjà, les beaux discours sur l’éthique dans les organisations fleurissent sur la toile. Mais ne nous y trompons pas : entre discours et réalité, le fossé est large. Pire, le terme « éthique » est de plus en plus souvent utilisé à des fins marketing, sans être traduit par des actes tangibles.

Alors, que signifie « engager une démarche éthique dans le digital » ? Comment concrétiser une telle démarche ? Optim’ease partage ici sa vision.

Qu’entendons-nous par « éthique » ?

On voit le terme « éthique » mélangé à toutes les sauces, mais au final que recouvre cette notion ? Définir l’éthique est un exercice assez ardu. Alors plutôt que d’en faire une compilation lexicographique, nous en avons retenu trois grand principes :

1.    L’éthique est un ensemble de règles qui sert de guide aux individus pour adopter des comportements vertueux dans le cadre de leurs activités. Avec pour objectif d’agir pour le bien commun, dans le respect mutuel et la garantie de la dignité humaine.

2.    Il n’y a aucune obligation à suivre les règles définies par l’éthique, contrairement à la règle de droit qui est contraignante pour tous.

3.    Les règles définies par l’éthique ne sont pas les mêmes partout. Elles varient selon les pays, les cultures, les organisations, les activités, les valeurs…

L’entreprise sous le sceau de l’éthique

Nous sommes dans une époque où les personnes sont sensibles à l’existence d’une éthique chez les professionnels.

L’éthique est devenue un facteur différenciant pour les entreprises
et un gage de confiance pour leurs clients et partenaires.

Les dirigeants doivent en prendre conscience, au risque de se couper en externe de leur clientèle, et en interne de leurs salariés, eux-mêmes en demande d’éthique.

L’éthique concerne toutes les strates de l’entreprise et peut s’appliquer à tous les niveaux de l’organisation. Mais c’est plus précisément dans le système d’information et l’utilisation des technologies numériques en général que nous intéressons aux questions de l’éthique.

Une définition de l’éthique

Par Alice Louis, consultante en cyber-éthique

 

« Toutes les théories de l’Ethique sont issues de l’histoire de la philosophie morale.

En premier lieu, l’Ethique normative élabore des théories qui permettent d’évaluer moralement les personnes et leurs actions selon les critères du “juste” et du “bien“. Il est à noter que le débat central de l’éthique normative englobe trois courants : l’éthique de la vertu, le déontologisme, ainsi que le conséquentialisme qui considère que l’éthique est un acte de responsabilisation.

En deuxième lieu, la Méta-éthique étudie les fondements conceptuels, épistémologiques et ontologiques de l’éthique normative.

Enfin, l’Ethique appliquée, qui comme son nom l’indique, applique les normes de l’éthique normative à des contextes pratiques, en particulier, à celui du numérique où les développements de l’intelligence artificielle (IA) comportent de nombreux enjeux. »

Source
De l’éthique européenne à l’avènement de l’ère Post-pragmatique, in CyberCercle.com, 11/12/2020.

Notre vision de l’éthique et du digital

Nous ne sommes ni des chantres de l’éthique, ni des philosophes, mais la problématique nous tient à cœur.

Nous n’avons pas pour vocation de répondre à toutes les questions éthiques posées au sein d’une organisation. Notre champ d’actions se limite à notre domaine de compétences : celui de l’optimisation digitale dans les entreprises. Car même en réduisant les champs d’investigations, il n’en reste pas moins que la tâche est complexe et nécessite de nourrir en permanence notre réflexion, ce que nous faisons en animant et en participant à des laboratoires d’idées (Think Tanks).

Notre but est de consommer les technologies du numérique de façon proportionnelle et intelligente, tant il est vital dès à présent de changer nos habitudes. Nous souhaitons également nous inscrire dans la souveraineté numérique sur le plan national et européen.

Pour Optim’ease, adopter une démarche éthique dans le numérique,
c’est développer et utiliser l’innovation technique en tenant compte
des conséquences sociétales, sociales et environnementales.

Nous envisageons ainsi de promouvoir et mettre en œuvre une démarche éthique selon trois orientations : éthique, responsable et durable.

1. Digital et Ethique

Agir pour le bien de la société et de l’humanité.

Notre concept : développer et proposer des produits et services numériques dans le respect et l’intérêt des utilisateurs, des clients et des consommateurs, avec un impact positif sur la société.

 

2. Digital et Responsable

Agir pour la santé de l’entreprise, de ses salariés, collaborateurs et fournisseurs.

Notre concept : Intégrer de façon volontaire la démarche éthique dans la gouvernance de l’entreprise, les relations et les conditions de travail, le choix et l’utilisation des outils et services numériques.

 

3. Digital et Durable

Agir pour la protection de l’environnement.

Notre concept : Réduire les émissions de carbone produites par les technologies numériques en agissant sur deux leviers :

– La conception d’outils moins énergivores et utilisant le moins possible de matières premières rares, d’une part,

– La sensibilisation des utilisateurs pour modifier leurs comportements et usages numériques d’autre part.

Et le digital éthique, en pratique ?

La vocation d’Optim’ease n’est pas d’imposer un modèle, mais :

– D’accompagner les organisations à définir leur propre démarche éthique, qui soit claire, nette et partagée avec l’ensemble de leur personnel.

– De leur proposer les moyens techniques et organisationnels afin d’appliquer les principes éthiques en lien avec le système d’information et les technologies numériques.

En outre, faire appel à l’intelligence collective, permet de créer un effet de levier, car il n’existe pas de solution unique, idéale ou prête à l’emploi pour déployer une telle démarche. 

Ethique et développement technologique

Optim’ease s’investit pour développer des méthodes et des outils qui visent à satisfaire autant que possible les besoins éthiques des organisations.

Optim’ease anticipe les freins et réticences des personnes face au développement du numérique avant qu’ils ne se transforment en un rejet systématique et massif, oblitérant du même coup les potentiels bienfaits de ces technologies.

 

Ethique et performance

Entre objectifs de performance et principes éthiques, Optim’ease aide à trouver le meilleur compromis pour résoudre les contradictions de l’optimisation digitale.

N’oublions pas que les dispositions et précautions à prendre pour éviter toute dérive dans la création d’un système d’information vertueux, doivent faire partie des préoccupations de tous les acteurs du numérique.

Comme le souligne Yannick Meneceur, dans son ouvrage L’intelligence artificielle en procès (éd. Bruylant, 2020),

« L’Homme reste le seul responsable des systèmes qu’il crée »

Que nous soyons producteur ou utilisateur, nous avons tous une part de responsabilité dans l’évolution du digital dans les entreprises et les organisations, et plus généralement dans la société numérique.